Comprendre la différence entre un DAS et un DASRI est indispensable pour tout professionnel de santé. Cette distinction conditionne le tri à la source, la gestion des déchets d’activités, le choix de la filière et la sécurité des équipes. Les critères de classification, la liste des déchets concernés et les obligations à connaître permettent de limiter le risque infectieux comme le risque réglementaire. Pour aller plus loin, consultez également notre article sur la différence DAS DASRI.
La différence fondamentale entre DAS et DASRI
Ces sigles ne recouvrent pas le même périmètre. Les DAS regroupent l’ensemble des déchets produits lors des activités de soins, en médecine humaine comme vétérinaire, qu’il y ait ou non un danger biologique. Les DASRI, ou déchets d’activités de soins à risques infectieux, correspondent à une catégorie plus restreinte de déchets médicaux exposant à un agent biologique ou à un danger de blessure.

Le DAS : une catégorie plus large
La différence entre un DAS et un DASRI repose d’abord sur la présence ou l’absence de risque infectieux. Un emballage vide, des gants non souillés ou un pansement propre non utilisé relèvent des déchets d’activité non dangereux. À l’inverse, dès qu’un déchet a été en contact avec du sang ou un autre liquide biologique, il bascule dans la filière des déchets d’activités de soins à risques infectieux.
- DAS : déchets issus des activités de soins sans contamination biologique avérée, orientés vers la filière des déchets non dangereux.
- DASRI : déchets soumis à un conditionnement et à un traitement spécifiques en raison d’un risque infectieux ou d’un risque de blessure.
- Effet d’un mauvais tri : si des DAS et des DASRI sont mélangés, l’ensemble du lot doit être géré comme des DASRI, avec un surcoût et un possible refus de collecte.
Le critère infectieux dans la réglementation
L’article R.1335-1 du Code de la santé publique encadre la qualification des déchets d’activités de soins à risques infectieux. Selon le flux de déchets concerné, l’évaluation peut varier, mais le principe reste le même : identifier le danger réel au plus près du geste de soin.
En pratique sur le terrain, un pansement souillé de sang relève des DASRI. Une compresse propre restée sans contact biologique reste dans la filière des DAS. En cas d’incertitude, la gestion des DASRI doit primer pour éviter toute exposition inutile.
Les déchets classés DASRI même sans contamination prouvée
La différence DAS DASRI dépend alors moins d’une contamination visible que de la nature même du déchet.
- Objets piquants, tranchants ou coupants : aiguille, lame ou dispositif perforant destiné à l’abandon, même sans trace biologique.
- Produits sanguins : produits thérapeutiques incomplets ou périmés contenant du sang.
- Déchets anatomiques humains non aisément identifiables : tissus, fragments ou fluides corporels relevant d’une filière dédiée.
- DASRIA : déchets issus notamment de la thanatopraxie, du tatouage avec effraction cutanée ou de certains actes esthétiques invasifs.
Une fois le tri en place, le conditionnement ne doit pas attendre : collecteur pour les objets perforants, emballage adapté pour les autres flux. Un collecteur pour perforants et un emballage rigide homologué pour les autres flux suffisent à sécuriser toute la chaîne de gestion des déchets d’activités de soins. Pour compléter votre organisation de la gestion des déchets d’activités, retrouvez le détail des obligations de gestion DASRI dans notre guide dédié.
Quels déchets DASRI sont concernés par la filière spécifique
La classification des dasri repose sur deux critères simples : la forme du déchet et le niveau de risque infectieux ou traumatique associé. En pratique sur le terrain, une erreur de tri au départ suffit à faire basculer tout un lot dans la filière des déchets dangereux.

Les grandes familles de déchets DASRI à connaître
Les déchets dasri se répartissent en grandes familles selon leur état physique. Selon le flux de déchets concerné, le collecteur change : une boîte rigide pour les objets piquants, coupants et tranchants, un sac adapté pour des compresses souillées, un contenant étanche pour des déchets contenant du sang ou d’autres liquides biologiques.
- Déchets perforants (dasri perforants) : aiguilles, seringues, scalpels, bistouris, cathéters, stylos injecteurs et autres déchets perforants, avec un double risque de blessure et de contamination.
- Déchets mous et solides souillés : compresses souillées, pansement contaminé, gants, tubulures, drains et crachoirs ayant été en contact avec du sang ou des liquides biologiques.
- Déchets semi-liquides : poches de sang, tubes de prélèvement, redons et flacons d’aspiration nécessitant un emballage étanche pour éviter toute fuite ou projection.
- Déchets anatomiques humains non identifiables : organes, tissus et pièces opératoires relevant de la filière spécifique.
La liste des déchets concernés ne s’arrête pas aux seuls soins médicaux. Certains déchets d’activité issus du tatouage, de la thanatopraxie ou de la chirurgie esthétique relèvent aussi du dasri, avec les mêmes exigences de conditionnement et d’élimination. La conformité se joue sur l’identification du flux, pas sur le seul lieu où il est produit.
| Catégorie | Exemples concrets | Risque principal | Collecteur adapté |
| Déchets piquants, coupants et tranchants | Aiguilles, lames de bistouri, rasoirs | Traumatique + infectieux | Boîte rigide jaune NF X 30-507 |
| Déchets mous souillés | Compresses, gants, tubulures | Infectieux | Sac ou collecteur souple jaune |
| Déchets semi-liquides | Poches de sang, flacons d’aspiration | Infectieux + fuite | Contenant étanche homologué |
| Déchets anatomiques humains | Organes, tissus non identifiables | Infectieux + éthique | Emballage spécifique incinération |
Déchets exclus de la filière DASRI malgré leur origine médicale
Tous les déchets médicaux ne relèvent pas du dasri. À l’inverse, certains flux issus d’une activité de soin, mais sans contamination ni risque de blessure, doivent suivre une autre filière : les confondre avec des déchets infectieux fausse le tri des déchets et alourdit immédiatement les coûts de traitement. Un contenant surdimensionné par rapport au risque réel représente un surcoût inutile, sans bénéfice pour la sécurité.
- Médicaments non utilisés : les MNU et leurs emballages relèvent d’une filière dédiée, distincte de la filière des DASRI.
- Produits chimiques et déchets dangereux : solvants, réactifs et cytotoxiques suivent une réglementation propre.
- Déchets propres d’origine médicale : compresses non ouvertes, gants non souillés et emballages non contaminés ne sont pas des déchets d’activité à risque.
- Déchets de bureau et ordures ménagères : papiers, cartons et déchets alimentaires produits dans un cabinet ou un service de soins vont avec les ordures ménagères ou la filière de recyclage adaptée.
Dès qu’un mélange se produit, le lot entier peut être requalifié en déchets infectieux. C’est le point clé de la gestion des déchets d’activités : séparer à la source les objets souillés, les dasri perforants, les déchets piquants et les déchets banals.
Obligations et gestion des DASRI pour les producteurs
Tout professionnel qui produit des déchets d’activités de soins à risques infectieux reste responsable de bout en bout. Cette responsabilité couvre le tri, le conditionnement, le stockage, la collecte, la traçabilité et l’attestation finale de destruction. Sont concernés les établissements de santé, les cabinets libéraux, les laboratoires, les vétérinaires, les tatoueurs et les patients en auto-traitement dans le cadre des activités de soins.

Conditionnement, stockage et collecte des DASRI
La gestion des DASRI commence dès la production du déchet. En pratique sur le terrain, le bon réflexe consiste à conditionner immédiatement chaque déchet d’activité dans un emballage conforme, sans passage intermédiaire ni mélange avec les ordures ménagères. Les emballages rigides en polypropylène haute densité destinés aux déchets perforants, déchets piquants, coupants et tranchants doivent respecter les normes NF X 30-507, ISO 23907-1:2019 et le marquage ADR/ONU 3291.
Chaque contenant doit comporter des mentions précises : couleur jaune dominante, pictogramme biologique, mention « DASRI », nom du producteur et capacité nominale. La conformité se joue sur ces détails, car un emballage bien choisi mais mal identifié peut engager la responsabilité du producteur au même titre qu’un mauvais tri.
- Fermeture inviolable : les collecteurs doivent être fermés définitivement aux deux tiers du remplissage, avec système anti-reflux et indicateur de niveau intégré.
- Délai moins de 5 kg/mois : stockage autorisé jusqu’à 3 mois dans un local ventilé, non chauffé, aux sols lavables et inaccessible aux non-autorisés.
- Délai entre 5 et 100 kg/mois : enlèvement obligatoire sous 1 mois maximum après production.
- Délai au-delà de 100 kg/mois : évacuation impérative sous 72 heures, sans exception possible.
Selon le flux de déchets concerné, les règles de transport ne sont pas identiques. Les déchets d’activités de soins produits à domicile par un infirmier libéral et classés comme perforants peuvent transiter dans son véhicule personnel; à l’inverse, les autres DASRI relevant d’un risque infectieux nécessitent un transport spécialisé. Dès que le volume augmente, un enlèvement avec un prestataire agréé doit être sécurisé avant l’échéance réglementaire.
Traitement, traçabilité et responsabilité du producteur
Les obligations producteur DASRI ne s’arrêtent pas au départ des contenants. Deux voies seulement sont admises pour l’ élimination des DASRI : l’incinération à 850°C minimum, souvent avec valorisation énergétique, ou le prétraitement par désinfection thermique avant orientation vers la filière des ordures ménagères.
Certains déchets d’activités de soins imposent toutefois une exigence plus stricte. Les déchets susceptibles de contenir des agents à transmissibilité non conventionnelle doivent obligatoirement être incinérés : la banalisation est interdite.
La traçabilité repose sur le bordereau CERFA, qui suit chaque lot depuis sa production jusqu’à sa destruction. Ce document, avec l’attestation de destruction, doit être conservé pendant 3 ans. Une fois le tri en place, l’enjeu principal devient documentaire : un bordereau manquant ou non archivé peut engager la responsabilité civile, voire pénale, du professionnel.
La dématérialisation via Trackdéchets est annoncée avant le premier semestre 2026. En attendant, la gestion des déchets d’activités de soins reste organisée sur support papier, avec les mêmes exigences de preuve et de conservation.
Convention obligatoire et interdictions à respecter
En France, ce flux représente entre 9 000 et 13 000 tonnes par an. Dès lors, une convention écrite annuelle avec un collecteur agréé est obligatoire pour tout producteur de déchets issus de soins à risque infectieux. Ce document doit préciser la fourniture des emballages, l’identification des lots, le suivi jusqu’au traitement final et le respect des délais.
- Interdiction de congélation : congeler des DASRI dégrade les emballages et compromet la sécurité lors de la collecte.
- Interdiction de compactage : compacter des déchets piquants, coupants ou tranchants expose immédiatement le personnel à un accident.
- Interdiction d’élimination en filière ordinaire : ces déchets ne doivent jamais être déposés avec les ordures ménagères ni laissés au domicile du patient.
Foire aux questions
Quelle est la différence concrète entre un DAS et un DASRI ?
Le DAS couvre l’ensemble des déchets issus des activités de soins ou vétérinaires, qu’ils présentent ou non un danger particulier. Le DASRI relève d’une catégorie plus stricte : il s’agit d’un déchet exposant à un risque infectieux, parce qu’il contient des micro-organismes viables ou leurs toxines.
La différence tient à la souillure et à l’exposition. Un gant propre reste un DAS; un pansement, un consommable ou tout autre déchet souillé par du sang ou des liquides biologiques bascule en filière DASRI. En cas de doute, mieux vaut orienter le déchet vers la filière DASRI.
Quels sont les principaux types de déchets classés DASRI ?
La réglementation retient plusieurs familles, selon le flux de déchets concerné. Les déchets perforants comprennent notamment les aiguilles, scalpels et cathéters. Les déchets souples regroupent les compresses, tubulures et tout pansement souillé par du sang ou d’autres liquides biologiques.
S’y ajoutent les déchets semi-liquides, comme les poches de sang ou les flacons d’aspiration, ainsi que les déchets anatomiques humains non aisément identifiables. Les professionnels non médicaux produisant des déchets issus de soins à risque infectieux, comme les tatoueurs ou thanatopracteurs, restent soumis aux mêmes règles de gestion des DASRI.
Quelles sont les obligations minimales d’un producteur de DASRI ?
Un producteur de DASRI doit d’abord trier à la source et conditionner correctement chaque déchet : emballage jaune homologué, mentions réglementaires, puis entreposage dans les délais prévus selon le volume produit.
En complément, une convention écrite annuelle avec un prestataire agréé est requise, avec conservation du bordereau CERFA et de l’attestation de destruction pendant 3 ans. La congélation et le compactage sont interdits. Toute rupture dans cette chaîne engage la responsabilité civile et pénale du producteur.
