Les DASRI, déchets d’activités de soins à risques infectieux, forment une catégorie strictement encadrée par le code de la santé publique. Leur classement ne relève pas d’un simple usage interne : il conditionne la sécurité des équipes, la conformité réglementaire et la bonne élimination des DASRI. Un mauvais tri expose à la fois au surcoût, au reclassement du contenant et à un risque pour la santé publique.
Les DASRI : définition, types de déchets et collecteurs
Les déchets d’activités de soins à risques infectieux répondent à une définition réglementaire précise. Leur identification repose sur la nature du déchet et sur le risque biologique associé : c’est ce point qui détermine la filière adaptée et le conditionnement à utiliser.

Que signifie l’acronyme DASRI ?
Le terme DASRI désigne les déchets d’activités de soins à risques infectieux. L’article R.1335-1 du code de la santé publique vise les déchets contenant des micro-organismes viables ou leurs toxines, dès lors qu’ils peuvent provoquer une maladie. La conformité se joue sur deux points : la nature du déchet et le niveau de risque biologique associé.
Le guide capacités collecteur DASRI détaille les formats adaptés selon le flux de production.
Un collecteur DASRI est un récipient rigide à usage unique, en polypropylène haute densité, conçu pour recevoir les déchets perforants, piquants ou coupants et tout déchet infectieux relevant de cette filière.
Ses capacités s’échelonnent de 0,25 L à plus de 60 L, selon le flux de déchets concerné. Ce type de contenant limite le risque de perforation, de fuite et de manipulation dangereuse dès la production du déchet.
Un collecteur conforme répond à la norme EN ISO 23907-1:2019. En complément, un collecteur DASRI étanche doit aussi satisfaire aux exigences NF X 30-507 et ADR : l’étanchéité, la résistance et le transport sont traités ensemble, pas séparément.
- Fermeture inviolable : verrouillage définitif avant dépassement des deux tiers de la capacité, pour éviter toute réouverture accidentelle.
- Système anti-reflux : limitation de la remontée de fluides vers l’ouverture, avec une protection directe du personnel.
- Résistance à la perforation : parois conçues pour contenir les objets piquants, coupants sans fuite ni déformation.
La boîte DASRI doit porter un marquage précis : pictogramme biologique, capacité nominale et date de fermeture. Cette identification alimente la traçabilité des DASRI du point de production jusqu’au traitement final, par incinération à 850 °C minimum ou par prétraitement par désinfection.
Déchets DASRI acceptés, exclus et déchets assimilés
Le premier réflexe reste le tri à la source. En pratique sur le terrain, un seul élément mal orienté suffit à faire basculer tout le contenant vers la filière déchets DASRI, avec les contraintes associées.
- Déchets acceptés : aiguilles, seringues, scalpels, bistouris, rasoirs, cathéters, stylos injecteurs et tout matériel piquant destiné à l’abandon. Ces DASRI perforants relèvent de la filière même sans contact visible avec du sang.
- Déchets souillés acceptés : compresses, pansements, gants, tubulures, poches de sang, drains, crachoirs et certains déchets anatomiques humains non aisément identifiables. Ces déchets souillés entrent dans les déchets d’activités de soins dès lors qu’ils présentent des risques infectieux.
- Éléments exclus : médicaments non utilisés, produits chimiques, emballages de médicaments, compresses propres, gants non souillés et déchets de bureau. Ces flux relèvent soit des DAOM, soit d’une filière dédiée aux déchets dangereux.
Certains déchets assimilés aux DASRI, souvent appelés DASRIA, proviennent d’activités hors soins médicaux directs : thanatopraxie, tatouage par effraction cutanée ou chirurgie esthétique. Même logique que pour les activités de soins classiques.
Différence entre DASRI, DAOM et DARED
La distinction tient d’abord au danger présenté par le déchet. Les DASRI concernent les déchets médicaux exposant à un risque biologique, les DAOM regroupent les déchets sans risques infectieux, et les DARED couvrent les produits chimiques ou médicamenteux à part. Le bon équipement, c’est celui qui correspond à la filière réelle du contenu, pas à l’habitude du service.
Une fois le tri en place, la règle devient plus simple : aucun mélange. Si des DASRI sont mélangés à des DAOM ou à des déchets chimiques, l’ensemble est généralement requalifié dans la filière la plus contraignante.
| Catégorie | Définition | Exemples | Filière d’élimination |
| DASRI | Déchets d’activités de soins présentant des risques infectieux | Aiguilles, compresses souillées, poches de sang | Incinération dédiée ou banaliseur |
| DAOM | Déchets sans risque infectieux issus d’établissements de soins | Emballages, papiers, déchets de bureau | Ordures ménagères classiques |
| DARED | Déchets à risques chimiques et toxiques | Médicaments non utilisés, produits de désinfection | Filière déchets chimiques agréée |
| DASRIA | Déchets assimilés aux DASRI hors soins médicaux directs | Résidus de thanatopraxie, tatouage par effraction | Incinération dédiée ou banaliseur |
Foire aux questions
Que signifie exactement l’acronyme DASRI ?
DASRI désigne les déchets d’activités de soins à risques infectieux. Le code de la santé publique, à l’article R.1335-1, définit ces déchets comme produits lors de soins lorsqu’ils contiennent des micro-organismes viables ou leurs toxines, susceptibles de transmettre une maladie.
Cette catégorie couvre les déchets perforants, mais aussi des déchets solides ou semi-liquides liés à des soins à risques infectieux. Cela concerne concrètement les déchets issus des établissements de santé, des cabinets libéraux ou de l’auto-traitement.
Quelle est la différence entre les déchets DAOM et DASRI ?
La différence tient au risque biologique. Les DASRI présentent des risques infectieux, tandis que les DAOM n’en présentent pas et relèvent de la filière classique des ordures ménagères.
La conformité se joue sur le tri à la source : dès qu’un mélange contient des déchets d’activités de soins à risques infectieux, l’ensemble peut basculer dans la filière des déchets dangereux.
Qui est concerné par l’obligation de gérer les DASRI ?
Sont concernés tous les producteurs de DASRI relevant de la santé publique : établissements de santé, professionnels libéraux, laboratoires, pharmacies, vétérinaires, tatoueurs et patients en auto-traitement. Selon le flux de déchets concerné, les obligations varient sur le conditionnement, l’entreposage, le transport et la traçabilité.
La responsabilité de l’élimination des DASRI reste attachée au producteur, même lorsqu’un prestataire agréé intervient. Une fois le tri en place, il faut surtout vérifier que chaque contenant et chaque enlèvement correspondent bien au niveau de risque déclaré.
